L’IUT et La FAC de Sciences ECO

Je repris le rugby 1 ans plus tard avec l’IUT de Montpellier, où je jouais avec des joueurs remarquables, Georges Conte qui fera une belle carrière au XIII Catalan, aujourd’hui président de la Cave de Salses Rivesaltes, un joueur magnifique et élégant, Abed Hamou, un 3ème ligne du Haut Vernet de Perpignan, un guerrier qui inspirait le respect, Alain Valls un Catalan qui fera une longue carrière à Pia XIII, un athlète qui préfigurait le rugby moderne.

En Haut le 4ème Alain Valls, puis Abed Hamou et le dernier Georges Conte. En Bas le 3ème, votre serviteur, puis Alain Bastié, le dernier Jean Pierre Siré

 

2 joueurs m’ont plus marqué car ils ont croisé plus tard ma vie professionnelle.                                          Jean Pierre Siré, un catalan, beau gosse, parlant fort, toujours souriant, le   genre  « branleur », mais uniquement en apparence. Un joueur de rugby exceptionnel, centre ou ailier, très rapide et le geste parfait naturellement. Il fit une belle carrière au XIII catalan, devenant à plusieurs reprises international dans la période 75-85. Lorsqu’il était à Montpellier, il ne jouait pas en club, mais il brillait tellement sur les terrains universitaires qu’il fut contacté par le RC Toulon dont l’entraineur était le biterrois Jean Louis Martin. Il eut des propositions matérielles pour l’époque qui nous faisait rêver. Mais l’amour et son attachement à Perpignan, le décida à aller s’engager avec le XIII Catalan. Il nous revint avec quelques deniers et une Peugeot 204. Sans avoir jamais joué réellement auparavant, c’était fort. Mais avec son physique, sa vitesse et sa classe naturelle, je suis certain qu’il aurait pu faire une carrière à XV exceptionnelle. Il a aussi réussi une belle carrière professionnelle devenant directeur régional chez Saint Gobain verreries.

                                                                Jean Pierre SIRE sous le maillot du XIII Catalan

 

Le deuxième s’appelle Jean Pierre Soulayrac. Un physique, un regard et un caractère à vous faire changer de trottoir. Natif de Clermont l’Hérault, il  était lui aussi à l’IUT et je continuerai à le fréquenter plus tard sur les bancs de la faculté de Sciences Economiques. Un peu solitaire, individualiste, farouchement de gauche, il aimait manifester aux gens de façon claire qu’il pouvait ne pas les aimer. En fac de droit, nous avions dans notre équipe un deuxième ligne qui faisait clairement partie de la bourgeoisie aisée. En plus de lui dire souvent qu’il était pourri de pognon, qu’il ne le supportait pas,  à chaque match, il profitait d’un regroupement pour lui filer un coup de « pompe », pas vraiment violent, mais quand même. Jusqu’au jour où l’autre lui attrapa le pied, bonjour l’ambiance. Il aimait aussi aller trouver un adversaire avant le match, le regarder dans les yeux en lui disant : « toi aujourd’hui je vais te cirer », jusqu’au jour où le dit adversaire était noir. OUPS !! C’était un joueur de qualité, un troisième ligne très dur. Il fera sa carrière dans le vin, travaillant chez le négociant Jeanjean à Saint Félix de Lodez, avant de monter sa boite de négoce, d’acquérir un beau domaine viticole. Je souris aujourd’hui car il est devenu, grâce à son travail, et sans trop le montrer un bourgeois aisé. Au delà de ses anecdotes qui pourraient donner une idée fausse et un peu malsaine du personnage, Jean Pierre est au contraire un homme avec des valeurs morales fortes, un sens profond de la famille et d’une grande générosité, mais il savait si bien les cacher.

Jean Pierre Soulayrac l’avant dernier en haut. Le 2ème en bas Alain Méric, votre serviteur avant dernier à coté de Jacques Bascou le dernier.

J’ai continué avec Jean Pierre Soulayrac mon périple rugbystique en faculté de droit et sciences économique ou je jouais avec Guy Molveau, aujourd’hui notaire retraité à Tuchan et président du comité du Languedoc de Rugby, N°8, bon joueur, son charisme et sa voix rocailleuse en faisait un chef, Marc Vidal de la famille du même nom à Lespignan, qui ont écrit des lettres de noblesse du rugby languedocien. La deuxième année l’équipe avait été profondément renouvelée, et on y trouvait des Narbonnais, Alain Méric qui jouait au centre et Jacques Bascou, futur député et maire de Narbonne qui jouait à l’aile. Même si je ne suis pas du même bord politique, j’ai une amitié et beaucoup de considération pour Jacques, qui est un homme qui a des racines, et pour qui l’intérêt collectif a encore un sens. (Ne me fait pas mentir !)

Cette année-là, nous avions été champion d’académie face à l’école de Kiné où brillait Henri Mioch qui fera une belle  carrière dans la grande AS Béziers. C’est un bon souvenir, car avec Alain Méric, nous jouions tous les 2 au centre, nous lui avions fait faire « l’inventaire » et j’avais passé à 5 minute de la fin le drop gagnant, du gauche, comme celui qu’avait passé Henri Cabrol de l’ASB face à Narbonne en finale du Championnat de France deux ans avant. Petite vengeance.

 

J’ai continué ma carrière en jouant une saison à Bizanet, à 5 km de chez  moi.  Ce fut une saison un peu terne, avec des dirigeants très gentils, le président Arquié en particulier, mais l’amalgame de l’équipe ne se fit pas réellement et on jouait au rugby sans vrai ambition. J’y ai gardé cependant de bons copains dont certains sont aujourd’hui dirigeants de l’ESSAB.

En haut de G à D: Miquel, Remedi, Ghilardi, Galley, Gourdy, Laffont, Blaya, Branthomme.                                               En bas de G à D: Lacaze, Just, Sire, Fontes, Berthoumieu, Roudel, Loupias.                                                                 Manquent: Subra, Massat, JL Barsalou, Michel Amoros, ..